En art comme en tout, l’important c’est les autres !

Exposition Biennale des petits formats de l'artothèque de l'Aveyron à Rieupeyroux
Exposition Biennale des petits formats de l’artothèque de l’Aveyron à Rieupeyroux

Ce qui est important, ce n’est pas nous, c’est les autres, même si on naît et si on meurt seul…

C’était hier au soir le vernissage de l’exposition « Petits formats » des artistes aveyronnais, à l’artothèque de Rieupeyroux, où est exposée l’une de mes aquarelles. Mais ce n’est pas d’elle que je vais vous parler.

Exposition Biennale des petits formats de l'artothèque de l'Aveyron à Rieupeyroux
Exposition Biennale des petits formats de l’artothèque de l’Aveyron à Rieupeyroux
Exposition Biennale des petits formats de l'artothèque de l'Aveyron à Rieupeyroux
Exposition Biennale des petits formats de l’artothèque de l’Aveyron à Rieupeyroux

Outre le plaisir de retrouver la formidable équipe organisatrice et mes collègues artistes connus et inconnus, j’y ai retrouvé toute l’âme du monde, celle-là même qui nous interroge et nous bouleverse, car nous ne sommes que de petits vers de terre incapables de comprendre le sens du vivant et de notre si brève existence au sein de ce vivant.

Incapables de comprendre le sens de la souffrance et des injustices existentielles qui feront de nous des êtres aptes ou non à laisser une trace utile et profitable à leurs semblables et descendants.

C’est exactement ce que je pensais aussi avant-hier à l’inauguration de la splendide exposition des idoles des Cyclades au Musée Fenaille de Rodez devant ces expressions anthropomorphes sublimes et mystérieuses.

Question essentielle du sens même de notre existence. Là, aux « Petits formats » de Rieupeyroux, je l’ai découverte en la personnification d’une peinture de Ignacio GONZALES, cet Aveyronnais venu du Mexique, dont la puissance évocatrice vous saisit aux tripes, avec toute la force des empreintes culturelles nées des métissages américo hispaniques d’influences précolombiennes. 

« Le poète » : un ado un peu différent de ses camarades des miséreuses banlieues de Mexico au regard de transgenre illuminé perdu dans ce monde, et qui aspire à d’autres absolus qu’à ceux de son horizon prédestiné, entouré de ses copains fous, drogués, hallucinés…

– N’est-ce pas un miroir de certaines de nos propres banlieues que je voyais là, et à travers lui l’une des profondes dérives qui fracturent notre société dont l’égocentrisme individuel fait que déjà, rare est celui qui aura réussi à lire mon billet jusqu’ici ?

Parce que tout enrichissement intérieur et culturel, tout échange constructif, demande un effort, à commencer par celui de se poser des questions pour essayer de trouver des réponses. Et les réponses, c’est souvent grâce à autrui qu’on peut les trouver : c’est les autres qui sont importants !

"Le poète" peinture 57 x 40cm d'Ignacio GONZALEZ du Fonds de la Première Artothèque de l'Aveyron.
« Le poète » peinture 57 x 40 cm d’Ignacio GONZALEZ (Fonds de la Première Artothèque de l’Aveyron).
Ignacio GONZALEZ et "Le poète" peinture 57 x 40 cm du Fonds de la Première Artothèque de l'Aveyron.
Ignacio GONZALEZ et sa peinture « Le poète » peinture 57 x 40 cm (Fonds de la Première Artothèque de l’Aveyron).

 

Exposition Biennale des petits formats visible jusqu’au 13/08/2021

Artothèque de l’Aveyron Centre Culturel Aveyron Ségala Viaur 2 Route du Foirail 12240 RIEUPEYROUX AVEYRON

 

 

18 Responses

  1. Marilou
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    Hola.encore un billet qui interpelle !
    Je l’ai lu avec attention.
    Je ne sais pas encore si j’adhère ???? À tout!!! Et en particulier à  » l important c est les autres  » en art.
    J’aime te lire.Tu » bouscules » souvent.
    C’est bien ça ….l’art????
    Amicalement.

    • Alain-MARC
      | Répondre

      C’est que cette réflexion en sous-entend d’autres. Juste avant j’étais plongé dans un art complètement différent avec les idoles hellénistiques des Cyclades. Aussi, je dis que l’on apprend beaucoup du travail des autres et de leurs œuvres, peu importe qu’elles soient très anciennes ou contemporaines, dans la mesure où elles peuvent enrichir notre propre réflexion, nous apportant des points de vue extraordinaires sur des perspectives qui éclaircissent nos horizons : ce sont les petites « dizaines de mètres supplémentaires » qui nous permettent de voir de « l’autre côté de la montagne ». Et, en même temps, elles nous ouvrent à plus d’humanisme, à plus d’aptitude à partager et à transmettre, car il ne s’agissait de copier ou de s’inspirer de ces œuvres, mais d’être inspiré par leur « souffle », par leur contenu, par toute l’énergie et l’invisible pouvoir qu’elles nous transmettaient. En cela, le plus important c’est l’autre (ou « les » autres), car lui (ou « eux ») qui nous aide (nt) à être davantage « nous » dans notre art !

  2. Justement, c'est peut être sa différence qui, même s'il est stigmatisé, va peut être lui donner la force pour déterminer son avenir. En tout cas, il a l'air plus confiant que les personnages qui l'entourent.

    En tout cas, sur le lien ci-dessous, je découvre ce qu'a fait Ignacio Gonzalez avec les lycéen(e)s de l'Aveyron. Bravo, monsieur !

    https://www.ladepeche.fr/2021/06/13/travail-sur-lexil-avec-le-peintre-ignacio-gonzalez-9603306.php

    • Alain-MARC
      | Répondre

      Exact, Nicolas, c’est pour cela que je parle « d’un autre idéal », quant à Ignacio, c’est, il est vrai, un sacré bonhomme !

  3. micheline vaudenay
    | Répondre

    Oui Alain, les questions que l’on se pose, il n’y a que les autres qui peuvent nous donner des aperçus de réponse. A nous de les entendre. Mais il me semble que le principal c’est déjà de se poser les questions ! J’ai autour de moi comme beaucoup d’entre nous je crois, tant de gens qui ne se posent pas de questions, et s’en vont se ballotant aux idées des autres et acceptant ce qui est le plus facile ou, le pire, ne s’apercevant même pas qu’ils suivent comme des moutons. Finalement , heureux ceux qui se posent ces questions. Encore plus heureux ceux qui arrivent à connaitre d’autres qui se posent les mêmes quesitons, comme toi, et qui nous apportent des embryons de réponses.
    Merci Alain. J’aime bien ce tableau moi aussi, mais surtout les figures derrière l’ado, reflets de l’humanité….

    • Alain-MARC
      | Répondre

      Tu as tout compris, toi aussi, Micheline, et c’est pour moi un bonheur de voir que nous formons tous, ici, une sorte de même famille d’esprit !

  4. exshaw
    | Répondre

    Mon cher Alain devant cette peinture je suis très mal à l’aise …
    Que de souffrance ,de misère ,de laideur …..
    Pauvre poète !!!il n’y voit que d’un oeil , tant mieux !!! le monde ,SON monde est si laid …
    Ignacio Gonzalez lui , est sympathique , souriant , malin , j’ai l’impression que le poète lui ressemble ??? dans le regard de son
    seul oeil grand ouvert sur le pauvre monde et les lèvres serrées pour ne pas en dire PLUS
    Je garde des souvenirs très personnels du Mexique d’il y a plus de 40 ans , de beaux et émouvants souvenirs …
    Ce tableau m’attriste profondément .
    Michele de Marseille

    • Alain-MARC
      | Répondre

      Je te comprends bien, Michèle ! Parce que les grandes villes du Mexique (principalement Mexico), ont beaucoup changées ces dernières années. J’ai longuement discuté avec Ignacio. Je ressens personnellement cette peinture comme un cri, au même titre que « Le cri » d’Edvard Munch. Celui d’Ignacio nous interpelle aussi sur notre devenir non plus cette fois seulement existentiel, mais aussi social, culturel, politique, et humain !

  5. Daniel Pascot
    | Répondre

    Tes propos et sa peinture résonnent en moi avec une lecture que je fais actuellement, les frères Karamazov : « chacun de nous est coupable devant tous pour tous et pour tout, et moi plus que tous les autres », pensée qui est à la base de l’éthique d’Emmanuel Levinas qui se développe autour de la reconnaissance du visage des autres (Entre nous, Essais sur le penser-à-l’autre, 1991).

    On peut beaucoup plus compter sur les artistes et les philosophes pour évoluer vers un monde meilleur au-delà des égoïsmes, de l’individualisme et de la cupidité des systèmes libertariens ou despotiques.

    • Alain-MARC
      | Répondre

      Je n’avais pas vu ton commentaire au moment où je répondais à Michèle, Daniel, mais je réponds un peu à la problématique de ta dernière phrase dans la dernière de la réponse que je luis fais. Car on peut lire et interpréter ce que je ressens du « Poète » d’Ignacio de faon globale, en le resituant soit dans sa valeur créative symbolique (comme je le dis à Marilou), soit dans sa valeur symbolique intrinsèque (comme on en parle là), mais de toute façon, c’est un travail très puissant en considérant les deux à la fois.

      • Daniel
        | Répondre

        Et moi je n’avais pas lu ta réponse à Michèle, mais javais lu ton titre qui m’avait accroché

        Mais plus qu’au Cri que je ressens comme l’expression d’une angoisse personnelle, je pense à Frida Khalo ou a son mari Diego Rivera tous deux Mexicains, membres du parti communiste, mais qui bien que privilégiés avaient une grande empathie pour les autres. Leurs œuvres sont belles comme celle d’Ignacio GONZALEZ autant que je puisse l’évaluer avec un seul tableau au titre le poète par ailleurs révélateur.
        Si Frida Khalo a su exprimer sa grande souffrance physique ses œuvres centrées sur elle restaient empreintes de partage de ses joies et peines avec celles des autres.

        Je pense aussi aux peintres de Haiti tels qu’en parle Dany Lafferrière dans ses derniers romans graphiques.

        • Alain-MARC
          | Répondre

          Tout à fait d’accord !

  6. Grand merci Alain pour ce billet, d’humeur, d’état d’âme ♥
    J’aime particulièrement cette phrase ‘cet Aveyronnais venu du Mexique’, elle me touche
    Ce fut effectivement un après-midi et une soirée emplie de rencontres, de questionnements, d’écoute, de doutes… Sans oublier l’estomac qui doit lui aussi être dorloté 😉
    Merci Alain d’avoir pris sur ton temps et d’être venu lors de cette 2ème biennale et je partage ta pensée, sans les autres nous ne sommes pas grand chose
    Amicalement
    Nathalie

    • Alain-MARC
      | Répondre

      Suis pas souvent là, mais je n’oublie pas mes amis (es) aveyronnais (es), sois-en certaine, et j’espère que toutes les bonnes initiatives et efforts seront un jour récompensés à la mesure des espérances que chacun y met !

  7. Marie
    | Répondre

    Une fois de plus, merci Alain.
    Je reconnais bien là, ta générosité, ton humanisme et je te rejoins avec Albert Jacquard qui disait que l’on se construisait grâce à la Rencontre.
    En art, comme dans la vie dont il fait partie.
    J’irai chercher un peu plus sur Ignacio Gonzales, car dans l’aperçu de la fresque je sens (de loin) une influence venue des peuples anciens de cette Amérique Latine que je fréquente depuis 35 ans et où j’ai de nombreux amis.
    Mais tout peut nous « percuter », les oeuvres des autres artistes d’où qu’ils viennent, comme dans la nature quand on rencontre une vieille souche torturée, ou les couleurs multiples de la forêt dans la montagne au début du printemps, par exemple.
    Oswaldo Guayasamín (1919–1999) mérite d’être connu.

    Oswaldo Guayasamín est un peintre, sculpteur et muraliste équatorien, né d’un père amérindien et d’une mère métisse.
    Encore merci Alain.
    Le plaisir de te lire à défaut de nous rencontrer à nouveau.

    • Alain-MARC
      | Répondre

      Oh oui, très intéressante l’œuvre de Oswaldo Guayasamín ! Et il est bien vrai que beaucoup de peintre de très grand talent ne sont pas connus alors qu’ils le mériteraient vraiment !

  8. L’art est aussi peut-être, le message jeté à la mer, dans la bouteille. On l’envoie… Peut-être que quelqu’un le recevra, s’en émouvra? C’est à ce quelqu’un que l’on a fait un signe et qui y a répondu… C’est lui qui nous rend « artiste », pas notre art… car sans lui, sans l’autre il n’y a pas d’art… « L’artiste » exprime quelque chose, dans ce message, ce peut-être dans une langue qui nous semble étrangère, mais qui déjà nous parle, veut dire quelque chose qu’on essaie de comprendre. Ce peut-être un dessin, une musique, que l’on trouve « étrange », pas conforme à notre culture esthétique originelle, mais dont quelque chose nous interpelle, nous émeut, fait que l’on a envie de rencontrer l’artiste, pour en parler… C’était peut-être çà le signe auquel on a répondu et qui nous fait exister réciproquement, dans la rencontre…
    C’est par l’autre que l’on existe… C’est vrai que nous naissons tel jour à telle heure, que c’est le temps de notre parcours, de notre unicité existentielle… Mais nous ne naissons pas seul… Nous naissons par et avec notre maman… Sans les mots, les câlins, les bisous, l’alimentation de « l’entourage » à la naissance du bébé, l’être ne survit pas… Quant à la mort, on ne meurt pas toujours tout seul… Il est souvent bon, que quelqu’un soit là, sur le quai de la gare, au moment du dernier voyage, qui nous tienne la main, jusqu’au bout, sans la lâcher, sans avoir peur, qui soit là, rassurant, « Présent », (et pas déjà ailleurs, entrain de discuter avec la jolie infirmière, le prêtre ou le notaire…), pour se dire aurevoir… C’est vrai que l’on prendra un train d’après, mais peut-être est-ce important qu’un vivant soit là, pour nous dire « bon voyage », sans pleurer… L’important pour soi, c’est l’Autre…et soi-même pour l’Autre… Amitiés. Jean-Pierre

    • Alain-MARC
      | Répondre

      Très belle remarque, Jean-Pierre, et je t’en remercie d’autant plus que j’ai un peu été à la provoc, là, mais c’est rassurant de voir qu’il y a encore (heureusement) plein de gens comme toi, comme la quasi majorité de celles et ceux qui suivent mes billets, pour réagir avec humanité aux mots un peu durs ou aux métaphores que j’emploie souvent à la manière d’une pioche de puisatier pour arriver à cette « eau » qui nous abreuvera tous quand on se trouvera un peu plus nombreux pour construire un monde meilleur.
      Car, bien sûr, d’accord avec toi derrière mes images aux allures parfois exagérées, pour dire (et entendre dire, comme tu l’as si bien fait), qu’on n’est pas toujours tout seuls dans ces moments de la fin et du début, et que ce sont les autres qui nous permettent d’être nous…

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