L’art n’a pas de sens s’il ne nous transporte pas, et ne nous ouvre les yeux !

J’aimerais peindre des toiles qui soient des vitraux,

peindre des vitraux qui soient des toiles,

qui fassent de chez nous des cathédrales,

portes ouvertes sur des ailleurs meilleurs,

qui nous apprennent d’autres regards,

d’autres expériences,

pour y voir plus clair dans les jungles

qui nous assaillent,

pour atteindre d’autres horizons,

où l’existence serait plus belle,

où l’œil ouvert sur l’avenir

dessinerait des chemins de vie

dans des forêts rouges,

dans des forêts vertes,

comme la floraison

de nouvelles naissances

Vous avez là, l’une des nombreuses expériences auxquelles je me livre au fond de mon atelier pour réaliser non seulement des peintures qui changent selon la lumière et le point de vue, mais qui éveillent des réflexions et des émotions aptes à nous tirer vers un accomplissement de nous-mêmes meilleur, plus fort, plus élevé, positif et enthousiasmant. Qu’elles soient un pont, un lien vivant et intemporel entre les méthodes du passé et la plus haute technologie. Et si vous faites de même, ne soyez surtout pas décoratifs : soyez vrai !

Il faut pour cela que chaque démarche créative soit à la fois une naissance et un dépassement, il faut que ce soit un acte visionnaire en même temps.

Reproduire le monde n’a pas de sens s’il ne le transcende pas, s’il ne participe à la construction d’un autre univers, nouveau, immédiat, dans lequel il nous projette sans retenue. Chaque atelier doit être un laboratoire dont le fruit des expériences soit intemporel et prodigieux.

C’est cela qui nous arrachera à la banalité et aux bassesses de ce monde.

Souvenez-vous : il y a exactement deux ans maintenant, je présentais au salon de Lourmarin ma « Chiroptéra universalis », ma toute première peinture utilisant la Réalité augmentée (n’hésitez pas à relire ce billet, vous verrez ce que j’écrivais)…

Personne ne me comprenait, on regardait même d’un œil amusé ce que je faisais. Mais ce n’est pas tellement cela qui est important.

Ce qui est important, c’est le message qu’elle nous transmettait, cette peinture, dans les symboles qu’elle portait en elle et dont je n’avais même pas conscience à ce moment-là : – pourquoi une chauve-souris voudrait-elle quitter son univers millénaire pour fuir notre monde, comme si elle nous indiquait de faire de même par rapport à un universel et inéluctable danger ?

Et puis, le comportement de notre feu petit « Plume » un an plus tard, mes « coups de gueule » consacrés à ma « mutation carnettiste » quelques mois après, etc.

Tout ce que je pressentais s’est révélé vrai et s’est réalisé (…nous sommes à peu près dans la même situation qu’il y a un an, et beaucoup, beaucoup de choses vont changer dans « le monde d’après »).

Alors, je vous dis aujourd’hui (et c’est le sujet de ma petite toile ci-dessous) : soyons comme cette sentinelle, comme ce lanceur d’alerte, attentifs et aux aguets. Non pas pour voir avant tout le monde l’ennemi arriver, mais pour déceler derrière les apparences quelles sont les véritables formes de la réalité, et où sont et ce que veulent dire les signes que nous délivre la destinée, sans jamais, jamais lâcher nos projets !

« La sentinelle » Technique mixte sur toile 40 x 40 cm numériquement augmentée.

 Je vous invite à visionner cette petite toile avec l’application Artivive (à charger sur votre tablette ou téléphone, elle n’est pas dangereuse, ne tient pas beaucoup de place, et avec moi, vous vous en resservirez), vous pouvez le faire directement à l’écran.

– Qui nous observe, et que pouvons-nous exactement percevoir dans la jungle du monde où nous vivons ?

– Quelle est la réalité dans ce que nous percevons de notre univers en pleine mutation ?

– N’est-ce pas en se faisant sentinelle, que nous retrouverons notre regard premier, la vigilance et la pureté des origines, pour participer au monde sans nous perdre dans son hourvari médiatique, discriminatoire et multiple, pour en créer un nouveau, plus intègre, juste, libre et élevé ?

10 Responses

  1. Bonjour Alain. Il y a un petit côté Vasarely dans ton travail, en plus courbe, cependant d’une part, et avec une matière plus en relief, d’autre part, alors que Vasarely utilisait surtout des aplats. En tout cas, ce que tu fais s’inscrit aussi dans l’art optique.

    https://www.youtube.com/watch?v=Rghu1CTpyUU

    Nicolas.

    • Alain-MARC
      | Répondre

      Oui, exact, optique nécessairement, mais en essayant d’autres approches où s’interpose parfois la figuration, parfois la géométrie, parfois l’abstraction, car sans cesse le monde est mouvance et en constante transformation comme celui auquel j’accède parfois quand aboutit l’expérience…

      • Marilou
        | Répondre

        Hola Alain.je viens de lire ton billet.
        Il résonne en moi .
        Toutes tes réflexions partagées sont comme un conseil personnel.
        On a de la chance d’avoir un ami qui nous pousse à être » nous » en art , à nous dépasser, à nous accepter.
        Merci .

        • Alain-MARC
          | Répondre

          Surtout, que comme en art tout (ou presque) a été exploré (je ne dis pas « fait »), nous devons être de la plus grande humilité, et avec autant de clairvoyance que de folie avancer sans œillères, si nous ne voulons pas à notre tour (tout en traçant des voies nouvelles) nous empêtrer dans les filets les plus sombres ou étroits tissés avec subtilité, séduction et adresse par les sirènes de l’art contemporain…

  2. Micheline Vaudenay
    | Répondre

    bonjour Alain. Tu me manquais !!
    Je suis perplexe avec tes idées sur l’art. Que l’art ne serve pas seulement à décorer mais à interpeller, je suis d’accord. D’ailleurs avec mes petites aquarelles « décoratives », je me sens également interpellée ne serait-ce que par le souvenir qu’elles provoquent en moi du moment où je l’ai faite. Mais bon là ce n’est qu’à mon petit niveau. Avec ton petit vigneron, j’étais transportée par la force que tu y avais mise en regardant de façon « classique » ce tableau. Peut-être la couleur, la forme un peu indécise du travailleur, mais je sentais là une force qui donnait du punch, d’ailleurs je te l’avais dit quand tu nous l’as offerte. Là c’est plus abstrait. Il y a cet oeil, qui nous regarde. Tu l’appelles « sentinelle »,, en fonction de mon état d’esprit je crois que je pourrai l’appeler aussi « big brother ». Que va m’ajouter en sensations, en questions les images données par ton travail informatique ? Il n’y a là rien de surnaturel que tu n’y a mis toi-même, de façon cachée, un peu de façon ésotérique, ce n’est vu que par des initiés. D’après le petit film préliminaire on « voit » un visage, de la musique, New York etc…est-ce que cela n’aurait pas pu être signifié sur la toile, pour être vu, senti, par tout le monde même ceux qui ne connaissent pas la « réalité augmentée » pour ne pas dire la « réalité virtuelle » (cette « obscure clarté » !)? Ce n’est pas une critique, Alain, tu me connais, j’apprécie ton travail et ton envie de nous faire participer. Je te livre mes questions. Et ne serait-ce que pour cette raison, tu as beaucoup fait pour mon questionnement sur la vie. Et en ce moment, on se questionne beaucoup. Je t’embrasse, Alain, et continues à nous faire rêver.
    N.B. je vais demander à mon gendre de m’installer l’app dont tu parles. Moi toute seule je suis perdue là-dedans…

    • Alain-MARC
      | Répondre

      Ton propos est très logique et juste, Micheline, et je te remercie de nous le faire partager. En plus, il rejoint celui d’énormément de gens et c’est bien naturel !
      dans le « Vigneron bleu » (que tu pourras regarder aussi avec l’application Artivive), j’ai travaillé en évocation de mémoire, une évocation qui nous touche tous, directement ou indirectement, parce qu’elle évoque en nous des souvenirs plus ou moins anciens liés à des éléments connus et « assimilés » de notre vie.
      Mais dans « La sentinelle » c’est plutôt la dimension inconnue des influences et agressions extérieures s’immisçant dans nos vies que j’évoque. Celles que nous croyons déceler ou connaître mais que nous ne maîtrisons pas vraiment. Aussi, quand tu dis que ce tableau te fait penser à « Big Brother » tu as exactement perçu ce que j’ai voulu traduire : ce regard qui nous échappe, pointé sur nous, de toutes les institutions ou pratiques portant atteinte aux libertés fondamentales et à la vie privée des populations ou des individus ! En fonction de cela, nous devons être aujourd’hui plus que jamais nos propres « sentinelles » à veiller sur nous-mêmes autant qu’à scruter l’horizon de tous les devenirs du possible. Ici, la peinture se sert d’un logo (reflet de nos sociétés formatant l’individu) perdu dans la jungle du monde actuel (les lignes verticales vertes et rouges), une jungle accentuée par « l’augmentation » numérique virtuelle évoquant les mille agressions auxquelles nous soumet la vie (urbaine surtout, sans que nous nous en rendions forcément compte), mais une jungle qui pourrait être la forêt d’un paradis, si l’œil inquisiteur qui nous regarde était le reflet de notre propre regard sur la sauvegarde des valeurs les plus essentielles de la vie…

  3. Maria
    | Répondre

    Merci pour cette pose de réflexion artistique au milieu de notre désert culturel…. momentané.
    Gardons les yeux bien ouverts, sur le monde qui nous entoure, sur ses beautés mais également sur ses horreurs, en alerte.
    Portez-vous bien et continuez à partager votre regard d’artiste.
    Maria Raposo

    • Alain-MARC
      | Répondre

      Merci, Maria, j’y veille !

  4. theresedoandinh@hotmail.fr
    | Répondre

    Merci Alain pour ces belles pensées sur l Art et sur la Vie. Thérèse

    • Alain-MARC
      | Répondre

      C’est que je crois qu’en cette période on en a encore plus besoin !

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